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Pompéi, destruction et renaissance

Maison de Pansan

Classé au patrimoine mondial de l’Unesco en 1997, Pompéi est un des plus grands sites archéologiques du monde. Malheureusement, livré au pillage dès sa redécouverte, cette ville de 66 hectares est difficile à restaurer et à entretenir. Aujourd'hui, elle ne cesse de se dégrader.

Pompéi est fondée vers le VIIe siècle avant J-C, sur la côte ouest de l'Italie, au sud de  Naples. Installée sur les pentes fertiles du Vésuve, à 25 mètres au dessus du niveau de la mer, elle se situait tout près de l’embouchure du Sarno. Cette implantation, au débouché maritime de la riche zone agricole de Campanie, fit de Pompéi une cité au commerce extrêmement florissant.

Pompéi était donc une terre prospère quand, en l’an 79 ap. J-C, elle fut entièrement dévastée. Seul le récit de Pline le Jeune, écrivain et homme politique romain contemporain de cet événement, nous est parvenu. D'après des recherches récentes, la végétation retrouvée sur le site semble indiquer que l'éruption aurait plutôt eu lieu en automne, probablement le 24 octobre.

La première manifestation de l’éruption a été marquée par un énorme nuage en forme de pin craché par le volcan, poussé vers le sud-est par les vents dominants. Peu après commença une pluie intense et continue de lapilli (petites projections volcaniques), de pierres ponces et de cendres qui commencèrent à s’accumuler rapidement dans les rues et les espaces verts, dans les atriums et sur les toits des maisons. Nombre d’habitants, surpris et terrifiés par ces manifestations inconnues, se réfugièrent sous les abris et les balcons, à l’intérieur des maisons et des bâtiments publics ; d’autres décidèrent de s’enfuir en direction de Nocera. Environ quatre heures après le début de l’éruption, le poids des débris accumulés commença d’effondrer les toits plats des édifices. Les débris tombant dans les rues entravaient d’autant plus la fuite des habitants qu’ils se déplaçaient dans l’obscurité à cause de la densité des nuées éruptives, crachées sans arrêt par le Vésuve. La nuit suivante, les accumulations de matériaux atteignirent les étages supérieurs des maisons, pénétrant portes et fenêtres, écroulant toits et greniers. De nombreux habitants, demeurés en ville et réfugiés au rez-de-chaussée des édifices, restèrent pris au piège à cause de ces débris volcaniques obstruant portes et fenêtres et périrent ainsi asphyxiés ou tués dans l’effondrement des étages supérieurs. A l’aube du jour suivant, l’intensité des pluies de matériaux volcaniques faiblissant, les Pompéiens qui avaient survécu sortirent de leurs refuges et tentèrent de fuir la ville, mais la recrudescence de l’activité volcanique se traduisit alors par l’émission d’une série de nuées ardentes, nuages toxiques brûlants et très rapides qui parcoururent à plusieurs reprises l’agglomération, provocant d’énormes destructions et tuant tous ceux qui n’avaient pas réussi à s’éloigner à temps pendant les heures précédentes.

Lors de cette éruption volcanique, les villes voisines d'Herculanum, Oplontis et Stabies furent aussi été ensevelies.

Après l’éruption, l’empereur diligenta une commission d’enquête pour évaluer les dégâts et porter secours aux survivants. Mais il n’y avait plus grand-chose à faire, Pompéi était entièrement ensevelie. Avec le temps, l’herbe poussa, on installa des champs et l’on perdit jusqu’à la mémoire d’Herculanum et de Pompéi.
Au XVIe siècle, on avait fait quelques découvertes locales mais sans leur attacher d’importance. L’aventure des fouilles commence véritablement en 1709 : un paysan découvre des marbres sculptés antiques en creusant un puits sur le site d’Herculanum. Il vend alors ses marbres au prince d’Elbeuf qui recherchait des matériaux précieux pour sa villa de Portici. Celui-ci, comprenant l’importance et la valeur des pièces, achète ce champ pour mener ses propres fouilles. Il y exhume une grande quantité d’objets précieux et œuvres d’art qu’il vend ou offre en cadeau. L’importance de cette découverte n’est comprise que plus tard.

En 1738, Charles VII de Bourbon décide d’entreprendre des fouilles. Il en confie la direction à un ingénieur militaire espagnol, qui a recours à la poudre pour ouvrir des galeries dans la couche de lave de plus de 15m d’épaisseur. De nombreux trésors sont découverts et transportés dans le musée privé du roi, à Portici, près de Naples. Le site est alors pillé de tous ses objets.

En 1748, des vignerons ayant heurté de leurs pioches des constructions antiques sur le site de Civita, des fouilles sont entreprises. Une nouvelle ville est découverte, que l’on appelle alors Civita ou Stabies. Ce n’est qu’en 1763, grâce à la découverte de l’inscription « respublica Pompeianorum », que le site prend le nom de Pompéi.
Les fouilles ont mis au jour une ville endormie au moment exact de l'éruption du Vésuve, il y a plus de 1 900 ans. Les cendres, qui ont brûlé tous les tissus vivants, s'y sont déposées, créant à la fois une gaine protectrice et un moule de l'objet détruit.
L'état de conservation du site provient de la couche de cendre qui, allant jusqu'à 20 mètres (soit l'équivalent d'un immeuble de 6 étages), a recouvert le site et l'a protégé des pillages.
De 1748 jusque dans la première moitié du XIXe siècle, les sites de Pompéi et Herculanum sont pillés. Les fouilleurs creusent des tranchées, dépouillent les bâtiments de leurs richesses et laissent ensuite les maisons tomber en ruine.
En 1860, Giuseppe Fiorelli (1823-1896), professeur d’archéologie à Naples, est désigné directeur des fouilles à Pompéi ; il est le premier à leur donner un caractère plus scientifique. Il divise la ville en régions et en quartiers, en établissant un plan de déblaiement des débris. Il a par ailleurs l'idée de réaliser des moulages à partir des espaces laissés vides dans la couche de cendres par les corps organiques emprisonnés. Les moulages des corps figés permettent de voir les habitants dans l'attitude où la mort les a surpris. Certains tentèrent de s'enfuir, de protéger leurs enfants ou de mettre leur fortune à l'abri. Les archéologues estiment que l’éruption a fait entre 15 et 20 000 victimes. Certaines de ces figures sont observables à l'Antiquarium, aux thermes de Stabies. D'autres ont été laissées à l'endroit-même de leur découverte.

Michele Ruggiero, directeur de 1875 à 1893, entreprend une restauration moderne et consolide 600 fresques. De 1893 à 1910, les deux directeurs suivants commencent une étude systématique du site. On restaure des toitures et de portiques, et les jardins sont refaits. Entre 1910 et 1924, Vittorio Spinazzola travaille avec plus de rigueur encore : il fouille par exemple les deux côtés de la rue de l'Abondance et les maisons les plus prometteuses.
Sous la direction d’Amedeo Maiuri, de 1924 à 1961, les fouilles de Pompéi prennent un nouveau départ. Des recherches plus élargies et mieux conduites permettent d’affiner l’histoire de la ville.
De nombreux archéologues se sont succédé sur le site, en mettant à jour de nombreux monuments et objets. Les méthodes de travail, de plus en plus scientifiques et respectueuses du patrimoine, permettent une meilleure analyse de l’histoire du site. Il reste à ce jour 22 hectares encore enfouis sur les 66 hectares de Pompéi.

Depuis plusieurs années, toits, murs et fresques s’effondrent régulièrement. En 2010, l’effondrement de l’école des gladiateurs avait scandalisé le monde entier. Le tourisme, les catastrophes naturelles et le manque de moyens financiers pour l’entretien et la restauration du site sont les causes directes de cette destruction. Pompéi a été détruite deux fois : la première fois, en l’an 79 par l’éruption du Vésuve et la seconde fois il y a deux cent cinquante ans, lorsqu’elle fut fouillée par les archéologues et laissée à l’abandon. Ce que le Vésuve avait épargné en l’an 79, les hommes sont en train de le détruire.