De Pompéi à Nancy

Auditeur des Bâtiments civils et architecte

Messine, charpente de la cathédrale.
Messine, charpente de la cathédrale, avril 1834

Entre 1837 et 1850, Prosper Morey tente une carrière parisienne. Auréolé du prestige de son séjour à Rome et de son Grand Prix, il ouvre un atelier et un cabinet dans le récent quartier des Batignolles, se marie, et remplit diverses missions officielles.

Probablement sur recommandation de son maître Achille Leclère, Morey entre au Conseil des Bâtiments civils comme auditeur des travaux publics en 1837 ; il y siège jusqu’en 1841. Comme il est à cette époque encore en Italie, et bientôt chargé de mission en Grèce, c’est Viollet-le-Duc, son suppléant, qui siège à sa place.

Le Conseil des Bâtiments civils a été créé en 1795 pour donner un avis technique, financier et esthétique sur tous les projets relatifs aux édifices publics. Rattaché au Ministère des travaux publics, il réunit au XIXe siècle les anciens pensionnaires de l’École de Rome ainsi que des architectes reconnus. En temps qu’auditeur, Morey est chargé de mission dans le nord de la France pour l’achèvement de la colonne de la Grande Armée à Boulogne et la restauration de l’abbaye de Saint-Bertin à Saint-Omer, pour lesquelles il présente des projets.
A son retour à Paris fin 1838, Morey travaille à la mise au net de son portefeuille de dessins en vue de plusieurs publications. L’un de ses projets aboutit en 1841 avec la collaboration de Henri Roux : la Charpente de la cathédrale de Messine.
Il épouse alors Eugénie Klein, d’origine nancéienne comme lui, petite-fille d’un général napoléonien, le comte Klein. Ils ont une fille, Mathilde, en 1843. Morey et sa famille habitent 58 rue Saint-Georges à Paris, dans le nouveau quartier des Batignolles. Il y installe également son cabinet d’architecte et un atelier, dans lequel passent une douzaine de futurs élèves de l’École des Beaux-Arts.

On le voit solliciter plusieurs postes d’architecte dans les chantiers de palais royaux : Fontainebleau, Tuileries, Louvre, ainsi qu’au Ministère des Affaires étrangères. Ses efforts échouent cependant : c’est sa ville natale, Nancy, qui consacrera sa carrière.